En lisant ce billet et celui-là , je me suis demandée si finalement l’innovation venait des usages, et non d’un travail en amont de marketing et de R&D.
On parle de plus en plus de l’implication de l’utlisateur final dans la conception d’un produit, parce que :
- le client et le fournissuer sont rassurés de la pertinence du produit final
- cela coûte moins cher au fournisseur, car l’utilisateur peut détecter et apporter des changements au produit beaucoup plus tôt dans son cycle de vie
- le client se sent valorisé du fait qu’on lui “demande son avis” pour un produit qui lui est destiné.
Finalement, cette entente cordiale où chaque parti y trouve son compte est un nouveau rapport client / fournisseur et fait disparaître progressivement la relation conflictuelle classique pour une relation de collaboration.
Cette collabotation a un double effet :
- marketing : Pour fidéliser ses clients ( ça coûte, parait-il, 5 fois moins cher que d’en trouver un nouveau), le marketing joue à fond la carte de la communauté, du club. C’est le cas d’Apple par exemple, ou Nespresso (la marque chic des amateurs de café).
- R&D : On parle progressivement de club d’utilisateurs, pour qu’ils puissent s’échanger des “best practices” autour d’un métier, d’un outil, des usages qui en découlent. Pour l’exemple de Netvibes “J’utilise netvibes comme ça” “ah ouais c’est pas mal ! ca pourrait compléter notre portail parce que nous on fait comme ça” “oui mais tu pourrais faire comme ça parce que nous on a eu le même problème et….” Et on observe alors un vrai partage des connaissances.
C’est de là que peut émerger l’innovation, lorsque deux entités partagent leurs connaissances et que des connexions nouvelles entre elles se crééent.
Dans le cas de l’innovation ascendante, les clients font évoluer l’outil en se l’appropriant par leurs usages. Il y aura innovation de rupture lorsqu’un client intégerera une connaissance qu’il a obtenu d’un autre. Cependant toute la fragilité du processus vient du fait que les personnes ne voient souvent pas plus loin que le besoin qu’elles ont identifiées.
L’innovation descendante vient du fait que le fournisseur entend ces “besoins”, mais c’est à lui de trouver les idées. Le risque est plus fort d’avoir une idée à laquelle peu de clients / prospects adhèreront.
Tout le rôle du fournisseur est d’aller au-delà des besoins identifés, de répondre à ceux latents. Et là est l’innovation de rupture, et là est comblé la fragilité de l’innovation ascendante.
La valeur ajoutée d’une entreprise, sa compétitivité, est assurée par sa capacité à exploiter son capital immatériel, qu’il soit interne (ses salariés) ou externe (ses clients).
Innovation ascendante ou descendante ? Les deux sont complémentaires et forment un écosystème à gérer.
